Après 10 h d'autoroutes et routes constéllées de ralentissements et bouchons, nous arrivons avec soulagement au refuge Dibona (2083m) ou nous attendent un excellent cuisinier et un couple de marmottes. Des pâtes comme ça, heureusement, on en fait qu'en Italie… Pour les marmottes, je sais pas…
Le livre de Pascal Sombardier (Dolomites - les plus belles Via Ferrata Ed. Glénat) nous annonce environ trois heures de grimpe
pour la Lipella, on ne se presse donc pas outre mesure au réveil et partons vers 9h.
Une heure et demie de chemin d'accès, d'abord en lacets pentus, puis en sentier longeant la paroi.
Départ du parcours sur une grande échelle donnant sur une plateforme de mine. A gauche, la
Gallerie del Castelletto, long tunnel qui va nous permettre de déboucher sur le flan Ouest.
Lampe frontale indispensable. Une 1ère partie rectiligne d'environ 200m sur des escaliers
métalliques, puis, après une trouée de soleil, une autre galerie, plus longue, plus pentue et glissante
(ruissèlements) et de forme hélicoïdale pour courroner le tout. Enfin la lumière, les marche débouchent sur
un balcon en pleine paroi. La vue est superbe.
Nous continuons sur une succession de sentes, de courtes montées, puis une descente dans un névé. Nous longeons le
massif sur des vires sans difficulté. Au casse-croûte, après deux heures de parcours, le sommet nous semble aussi
éloigné qu'au départ de la Via… OK, ensuite ça monte plus franchement. Bien sûr pas de barreaux,
on est dans les Dolomites… Les Via Ferrata françaises nous semblent reléguées au rang de parcs aventures…
On tâche d'oublier le câble, mais certains passages sont bien raides. 20 mètres de mur, puis une petite vire, puis
re-mur et ainsi de suite durant une heure. Vers 2694 m une échappatoire permet de rejointre le refuge Giussani en
contournant le massif par le Nord. On en profite pour jetter un œil aux Tre Dita
(trois doigts), trois petites tours campées sur un promontoire.
Nous partons à droite vers le sommet. Encore une bonne heure de grimpe pour les 300 m de mur, dans un amphithéâtre bien humide.
Nous débouchons à 3027 m sur l'antécime enneigé et balayé par le vent, à quelques encablures
du sommet de la Tofana di Rozès. C'est impressionnant. Tout comme la descente qui
nous attend en direction du refuge Giussani, que l'on voit, tout petit blotti entre les Tofane. Deux
kilomètres au radar dans la neige épaisse, sur une pente bien casse-gueule, on déclenche une petite avalanche.
Heureusement qu'il fait encore jour et que les orages attendront le lendemain.
Nous arrivons au refuge vers 19h. Jamais un parcours ne m'avait autant éprouvé, cette descente enneigée m'a
tué les jambes…
Les pâtes "al dente", le rouge des Dolomites et la chambre douillette nous redonneront de l'applomb pendant que
sèchent nos affaires trempées.
Le fils du patron du Dibona nous disait encore la veille : la Lipella, pas de problème, à l'aise…, comme si pour aller d'un refuge à l'autre, c'était une simple formalité. Nous sommes dans le pays des montagnards. Ici, les Via Ferrata, c'est taille XXL, sans artifices, mais avec un décor unique.
Plus par sa longueur que par sa difficulté, la Lipella est un sacré morceau qu'il vaut mieux attaquer en pleine forme,
par beau temps et avec deux litre d'eau au minimum.
On peut redescendre au refuge Dibona après le parcours par un bon sentier (+ 45mn), mais rien que pour le paysage, rester une nuit au Giussani.
Via Ferrata effectuée fin Juin 2011 – Dernière mise à jour: 12/07/11
Par ces publications, nous n'engageons aucune responsabilité et vous laissons seul(e)s juges de vos capacités et choix de parcours.